mercredi 12 décembre 2012

Pourquoi parlons-nous du mariage homosexuel ?



Un effort est indispensable pour traiter ce sujet.

Je propose de remonter à  l’année... 1641 pour comprendre pourquoi nous discutons du mariage homosexuel !

En 1641, René Descartes  expose sa théorie du corps et de l’esprit : le corps est une "substance matérielle", et l'esprit est une "substance mentale".
Pour Descartes, le corps est relié à l’esprit par la glande pinéale située au milieu du cerveau.

Mais dans sa théorie il néglige la distinction entre l’esprit descendant de polarité mâle, et l’âme ascendante de polarité femelle.

En oubliant cette dimension verticale de la polarité, Descartes néglige un principe de l’existence même de l’Homme. Il tombe dans une représentation "plate" qui est fausse.

Pourtant, cette polarité verticale se retrouve dans toutes les aires culturelles du Monde, dans nombre de disciplines, et dans les traditions religieuses.

Florilège.

En Chine, le Ciel représente la polarité mâle (« K’ien »), la Terre est la polarité femelle (« K’ouen »), et l’Homme résulte de la rencontre de ces deux principes.

En Inde, ces principes universels sont nommés les trois « gunas ». Le  guna Sattwa est mâle, le guna Tamas est femelle, et le guna Rajas est le produit manifesté du Sattwa et du Tamas.

Dans la chrétienté, on distingue le Spiritus, l’Esprit mâle et descendant, de l’Anima, l’âme réceptrice femelle et ascendante.  Le Corpus, manifesté par l’existence de l’Homme, réalise le Spiritus et l’Anima. La branche verticale de la croix symbolise ces principes ascendants et descendants, et la branche horizontale symbolise l’état actuel de l’Homme, résultant de ces principes.

Dans le judaïsme, l’étoile de David est composée de deux triangles. Un triangle la pointe en bas, qui symbolise la « Shekina » qui descend pour se manifester. La Shekina est la présence de l’Esprit, perfection active de polarité mâle. Le triangle à pointe en haut est la perfection passive de polarité femelle recevant cette présence, la matière qui révèle l’existence de l’Esprit. L’étoile prise dans sa totalité est la manifestation humaine.


Dans l’islam, la Haqiqa est la voie céleste centrale de polarité mâle et émettrice. La Sharia est la voie terrestre périphérique de polarité femelle et réceptrice. La Tariqa est le chemin entre la périphérie et le centre. Ces trois voies peuvent être représentées par un cercle avec un point en son centre, les rayons du cercle étant la Tariqa.


Sur l’enseigne des pharmacies, vous pouvez voir de temps en temps le « Caducée », avec un axe autour duquel s’enroulent deux serpents. Ils symbolisent les courants ascendant et descendant, connus dans la médecine traditionnelle hindoue sous les noms de « Ida » et « Pingala ». Le corps humain existe grâce à ces deux courants d’énergie autour de la colonne centrale, appelée « Sushumna ».


Les exemples peuvent être encore développés : la symbolique solaire et lunaire, le souffre et le mercure des alchimistes, les axes du solstice et de l’équinoxe, le yin et le yang, sont autant d’expressions de la polarité manifestée dans l’Homme.

En instituant une simple dualité entre le corps et l’esprit, Descartes ignore ce principe universel. L’esprit en tant que polarité masculine, et l’âme en tant que polarité féminine, se réalisent en l'Homme dans un mécanisme ternaire.

Pour chaque être humain, une des polarités domine, ce qui induit un corps physique mâle ou femelle. Et d’ailleurs cette polarité est si forte que si un être humain nait exceptionnellement avec un corps physique contraire à sa polarité, il va jusqu’à exprimer le désir de modifier son corps physique.

L’attirance vers l’être humain de l’autre sexe procède d’une recherche d’équilibre des polarités, dont le produit terrestre et tangible est la procréation.

Mais en oubliant cette polarité transcendante, l’émotion de nature terrestre devient l’unique justification de l’association de deux êtres.

C’est une perte de repères.

La destruction du mariage exclusif entre individus de sexe différents est la résultante de cette perte de repères, qui tend vers la destruction du processus qui produit la vie, non seulement au plan biologique, mais aussi dans les profondeurs des principes universels.

Dans le débat actuel, il appartient à chacun de forger son opinion, soit en faveur de la vie, soit en faveur de la destruction de ses fondements universels. Les deux tendances existent, et il n’y a pas lieu de s’en offusquer. La confrontation de ces tendances est inscrite dans les cycles de l’Histoire. Dans la mythologie grecque, c’est la confrontation entre Eros et Thanatos.

Le « mariage homosexuel » manifeste la fin d’un cycle de dégradation progressive. Thanatos, la pulsion de mort, gagne provisoirement, mais finira par se détruire lui-même car la destruction est dans sa nature même.  Sur ce terreau dégradé germera une civilisation en harmonie avec les forces qui dépassent la raison humaine.

Enfin, je pense utile de rappeler la sagesse de l’Eglise Catholique sur ce sujet, beaucoup plus tempérée que d’aucuns le pensent :

« Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, §2358)


***


Solution politique


En France, tout mariage religieux doit être précédé d'un mariage civil sous peine de prison :

 « Tout ministre d'un culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil sera puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. » (Article 433-21 du code pénal).

Pour protéger l’existence d'un mariage en harmonie avec les principes universels, et pour que la République honore son engagement de respecter de la liberté de conscience, je propose l’abrogation de l'article 433-21 du Code Pénal.

Chacun aurait le droit selon ses convictions de s'en tenir au mariage religieux.




Webographie

René Descartes, Méditations Métaphysiques, publié en latin en 1641, et en français en 1647. Voir la méditation sixième :


Yi King, le livre des mutations, où sont décrits le K’ien, 1° hexagramme, et le K’ouen, 36° hexagramme:


Article Wikipédia sur les différentes approches des Gunas :


« L’Homme antique et chrétien » Michel Perrin, sur la distinction Spiritus, Corpus, Anima – voir le chapitre VIII :


« Le symbolisme de la croix » René Guénon, (excellent) :


Article (en anglais) sur le Sceau de Salomon, l’étoile de David, par le ministère israélien des affaires étrangères (!) :


Article Encyclopédia Universalis sur la Shekina :


Sharia, Tariqah, et Haqiqah, sur le site « Saveurs Soufies » :


Exposé général sur les courants « Ida », « Pingala », et sur le « Sushumna », sous leur aspect pratique :


« Planche » maçonnique sur le soleil et la lune :


Article Wikipedia sur le Grand Œuvre des alchimistes :


Solstice et équinoxe dans le calendrier des fêtes celtiques :


Explication courte et claire du Yin et du Yang :


Extrait du Catéchisme de l’Eglise Catholique :


Code Pénal, article 433-21 :


Article 10 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 :



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